« La défaite est une expérience douloureuse, que l’on est toujours tenté de sublimer. » Perry Anderson, Spectrum.
Une phrase de circonstance en cette période de post-premier mai et de post-Premiere League !
Une saison catastrophique !
Steven Gerrard a fait savoir, il y a deux semaines qu’il souhaitait terminer la saison 2009-2010 à Anfield sur une victoire face à Chelsea, aussi bien dans l’optique de la quatrième place que pour terminer sur une note positive à Anfield. : « Ma seule pensée sur le match de Chelsea, c’est gagner. Nous le devons à nos supporters pour essayer de terminer la saison sur deux victoires.» a déclaré le capitaine des Reds sur le site officiel de Liverpool. Voilà après sa magnifique passe à…Drogba lors du match contre Chelsea et le match nul contre Hull, Liverpool termine donc au 7e rang du championnat d'Angleterre. Pour trouver pire classement, il faut remonter à 1994. Elle s'est faite sortir dès les phases de poules de la Ligue des Champions, a été éliminée de la Coupe d'Angleterre par une équipe de 2e division. Un sacre en Europa League aurait permis de dissimuler ce fiasco. Raté aussi de ce côté là.
La déception des supporteurs est immense: l'an passé, leur équipe avait semblé en mesure de remporter son premier titre de champion depuis 1990, ne perdant que deux rencontres de Premier League.
Benitez sur le départ? Convoité par la Juventus Turin, l'Espagnol a vu s'étioler l'immense soutien populaire dont il bénéficiait depuis qu'il a gagné la Ligue des Champions en 2005, lors de sa première saison. Tacticien reconnu, Benitez s'est montré beaucoup moins performant dans le recrutement cette saison.
Benitez juge qu'il faut cinq recrues d'importance cet été. Il va être compliqué de convaincre des joueurs de premier plan de rejoindre Liverpool sur la seule gloire passée du club. Pas de scène européenne, incertitudes financières: la mariée n'est pas particulièrement attirante.
Les stars vont-elles rester? Sans Ligue des Champions, il sera difficile de convaincre Fernando Torres de rester. L’attaquant espagnol a déclaré récemment que la Premier League est fatigante : «Je n'ose imaginer dans quel état je serai dans cinq ou six ans si je continue à jouer ici. L'intensité physique est supérieure à tous les autres pays. La Premier League est une épreuve si dure.». A bientôt 30 ans, l'enfant du pays, Steven Gerrard n'a plus de temps à perdre pour gagner ce titre de champion d'Angleterre que son talent mérite. Javier Mascherano laisse fuiter ses velléités de départ à Barcelone. Sans eux, Liverpool est au mieux une équipe moyenne.
De plus, quel avenir économique pour les Reds? Endetté à hauteur de 270 millions d'euros, avec des intérêts colossaux à payer chaque année, Liverpool, sous la pression des banques, a été mis en vente par ses propriétaires américains. Pour l'heure, les candidats ne se bousculent pas. Tant que cette question restera en suspens, il sera impossible de rebâtir une équipe. Sans Coupe d'Europe, avec un projet de nouveau stade reporté sine die, il est difficile d'imaginer un investisseur offrir les quelque 800 millions d'euros que réclament Tom Hicks et George Gillett. Les résultats sportifs ne dissimulent plus le modèle économique désastreux apporté par les Américains, fondé sur un endettement massif. Sauf arrivée rapide d'un chevalier blanc aux poches profondes, Liverpool semble entré dans un cercle vicieux.
Qu’attendre de l’avenir ? Qu’un magnat saoudien rachète le club ? Oui, peut-être mais pas sûr. Cette période troublée ne serait-elle pas l’occasion, à mon avis, de créer une nouvelle équipe plus anglaise avec des jeunes prometteurs ou confirmés (genre Carlton Cole), de réduire la dette abyssale du club et de préparer l’avenir : L'UEFA, je le rappelle, a adopté la proposition de son président Michel Platini, baptisée fair-play financier, consistant à contraindre les clubs engagés dans les compétitions européennes à ne pas vivre au-dessus de leurs moyens. Ces nouvelles règles, qui entreront en vigueur lors de la saison 2012-2013, empêcheront en principe les clubs de dépenser davantage que leurs revenus. Michel Platini est également favorable à la limitation des étrangers dans les clubs.
Article inspiré d’une dépêche de l’AFP.